Homélie 28 juin

 Homélie du 13ème dimanche ordinaire

Etre saisi par le Christ

A dire vrai, ces paroles de Jésus nous dérangent, même si le temps les a arrondies, polies. ‘’Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi’’.

 Non pas ne pas aimer père, mère, fils et fille, non pas ne pas aimer époux et épouse, amis et familiers, mais mettre le Christ au centre de notre vie pour aimer nos proches de l’amour que le Christ leur porte et ainsi les aimer plus encore. Dans l’évangile on est dans un contexte de persécution. Prendre le chemin de Jésus, c’était courir le risque d’être incompris de ses parents, de ses amis et de son entourage, et d’être même rejeté par eux.

Même en dehors d’un contexte de persécutions violentes, on sait bien qu’en famille il est parfois difficile de témoigner de sa foi.

 L’attachement à Jésus est plus fondamental encore que les liens du sang.

Il établit des liens nouveaux entre les disciples. L’Evangile devient une école de la fraternité. Et la source de cette fraternité nouvelle jaillit de la prière du Notre Père : Tous enfants du même Père, frères et sœurs les uns des autres.

C’est dans cette nouveauté de l’Evangile que les évêques du Rwanda ont pu écrire après l’horrible tragédie qui a décimé leur pays : ‘’Notre appartenance au Christ est-elle plus forte que notre appartenance ethnique ?’’

Et nous qui depuis notre baptême portons le nom du Christ, qu’en est-il ? Avons-nous vraiment conscience de constituer une famille nouvelle composée de ceux qui font le choix de suivre Jésus : ‘’Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, c’est lui mon frère, ma sœur, ma mère’’.

Aimer comme le Christ, livrer sa vie, a un horizon : c’est la croix. Prendre sa croix ne doit pas être compris dans la résignation et le dolorisme. Il s’agit de prendre la croix du Christ comme on prend un chemin qui conduit à la vraie vie. Suivre le Christ dans sa rencontre avec les exclus, le suivre sur le chemin de la non-violence et du refus de la haine. Prendre sa croix, c’est porter une bonne nouvelle, car la croix du Christ est devenue l’arbre de vie. La mort a été vaincue, Christ est ressuscité. Il y a un chemin même à travers la mort.

Prendre sa croix, c’est la planter dans toutes les situations qui paraissent sans issue, c’est la planter dans tous les lieux où il n’y a plus d’espérance et de joie de vivre. Prendre sa croix, c’est prendre avec le Christ la décision de vivre.

 Ce que Dieu attend de nous, ce n’est pas la souffrance, c’est l’amour. Ce sont des choix de vie inspirés par l’amour. La croix du Chrétien, c’est la conséquence de sa fidélité au message d’amour du Christ.

Aimer le Christ nous apprend à aimer les autres. Aimer le Christ, c’est entendre sans cesse : ‘’Aimez-vous les uns les autres’’. ‘’Quiconque ne donnera rien qu’un verre d’eau fraiche’’, celui-là accomplit tout l’Evangile.

Le Christ ne nous appelle pas à l’héroïsme, mais à l’acte le plus simple, le plus facile, le plus naturel : donner un verre d’eau. Oui, toute la perfection chrétienne, tout le Royaume est contenu dans cet acte d’amour à la portée de tout homme, quel qu’il soit.

C’est dans les petites choses du quotidien (accueil, service, écoute, partage) que se joue la sincérité de notre témoignage. Gardons en mémoire cette parole de Saint Augustin : ‘’La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure